Lorsque l’on souhaite mieux consommer, on fait rapidement face à une multitude de logos et de certifications qui promettent transparence et éthique. Il n’est pas toujours facile de s’y retrouver. C’est pourquoi il est utile de comprendre ce que recouvrent réellement ces différentes certifications. (Vous pouvez également consulter mon article : « Décrypter les labels textiles bio ».)
Dans ce paysage complexe, le label GOTS (Global Organic Textile Standard) occupe une place à part. Plus qu’un simple logo, il est aujourd’hui reconnu comme l’une des certifications textiles biologiques les plus exigeantes au monde. Il propose une approche globale qui associe exigences environnementales, critères sociaux et traçabilité tout au long de la chaîne de fabrication.
1. Le GOTS ne certifie pas seulement une fibre, mais toute une chaîne de fabrication
Une idée reçue consiste à penser que le label GOTS certifie uniquement la culture du coton. En réalité, il va bien plus loin.
Le GOTS certifie l’ensemble du processus de transformation textile et impose des exigences précises concernant la composition des produits.
Selon son cahier des charges officiel (Version 7.0)[1], deux niveaux de certification existent :
- Le grade « Biologique » (Organic) : le produit textile doit contenir au minimum 95 % de fibres biologiques certifiées.
- Le grade « Composé de fibres biologiques » (Made with Organic) : le produit doit contenir au minimum 70 % de fibres biologiques certifiées.
Imaginez le parcours d’une fibre de coton : récolte, filature, tissage, teinture, confection… Pour qu’un produit puisse être commercialisé comme certifié GOTS, l’ensemble des étapes de transformation concernées doit être réalisé par des entreprises elles-mêmes certifiées GOTS. Cette continuité permet d’assurer une traçabilité particulièrement rigoureuse tout au long de la chaîne de production.
2. Des exigences strictes concernant les substances chimiques
L’un des points forts du label GOTS concerne le contrôle des substances chimiques utilisées lors de la fabrication des textiles.
Le référentiel interdit ou limite très strictement de nombreuses substances chimiques préoccupantes, parmi lesquelles certains métaux lourds, le formaldéhyde, les phtalates, les solvants aromatiques, les colorants azoïques susceptibles de libérer certaines amines cancérogènes, les nanoparticules ainsi que les PFAS (« polluants éternels »), intégrés dans les exigences les plus récentes du standard.
Le contrôle ne s’arrête pas aux produits utilisés. Les entreprises réalisant des traitements humides (teinture, lavage ou impression) doivent également disposer d’un système de traitement des eaux usées conforme aux exigences du GOTS afin de limiter l’impact environnemental de leurs rejets.
Pour le consommateur, cela signifie que les textiles certifiés GOTS répondent à des exigences particulièrement élevées concernant les substances chimiques autorisées et les résidus présents dans le produit fini.
3. Un engagement social fondé sur les normes internationales
L’une des grandes forces du GOTS est d’intégrer des critères sociaux au même titre que les critères environnementaux.
Ces exigences reposent sur les conventions fondamentales de l’Organisation internationale du Travail (OIT)[2].
Les entreprises certifiées doivent notamment respecter :
- l’interdiction du travail des enfants ;
- l’interdiction du travail forcé ;
- la liberté syndicale ;
- la non-discrimination ;
- des conditions de travail sûres et hygiéniques.
Le standard encourage également les entreprises à progresser vers le versement d’un salaire vital (Living Wage). Il leur demande d’évaluer l’écart entre les salaires pratiqués et ce salaire de référence, puis de mettre en œuvre une démarche d’amélioration progressive.
Choisir des matières certifiées GOTS, c’est donc soutenir une filière qui intègre des exigences sociales reconnues à l’échelle internationale.
4. La traçabilité : un véritable outil contre le greenwashing
Aujourd’hui, de nombreuses marques utilisent des expressions comme « naturel », « écologique » ou « écoresponsable », sans que ces affirmations reposent toujours sur une certification indépendante.
Le label GOTS apporte une réponse concrète grâce à sa base de données publique officielle (Public Database)[3].
Chaque entreprise certifiée dispose d’un numéro de licence et d’un certificat consultables librement. En quelques clics, il est possible de vérifier si un fournisseur possède une certification valide.
Si aucune certification n’apparaît, cela peut signifier que seule la fibre est certifiée biologique, sans que l’ensemble du processus de transformation réponde aux exigences du GOTS. Dans ce cas, il est toujours préférable de demander au fournisseur des précisions sur la traçabilité de ses matières.
C’est cette transparence qui m’a convaincue de travailler uniquement avec des partenaires capables de me fournir un certificat GOTS valide pour les tissus qu’ils proposent.
Pourquoi ce choix est au cœur de mes créations
Choisir des matières certifiées GOTS demande un véritable travail de recherche et représente un coût plus important.
Pour moi, l’artisanat responsable ne commence pas au moment de la couture : il débute dès la sélection des matières premières.
Le label GOTS constitue aujourd’hui, à mes yeux, la garantie la plus complète pour sélectionner des tissus répondant à des exigences élevées en matière de qualité environnementale, de limitation des substances chimiques et de respect des droits fondamentaux des travailleurs.
C’est cette exigence qui guide chacune de mes créations, afin de vous proposer des accessoires confectionnés avec des matières dont la traçabilité et les conditions de fabrication répondent à des critères reconnus au niveau international.
Sources et références documentaires
[1] Global Organic Textile Standard (GOTS) – Version 7.0.
[2] Organisation internationale du Travail (OIT) – Conventions fondamentales.
[3] Base de données publique officielle – GOTS Public Database.
